Les différents moyens de contraception
Quand on est mineur
- Quels conseils essentiels dois-je donner à mes enfants ados sans pour autant me montrer intrusive ?
- Quel(s) moyen(s) de contraception conseiller à ma fille adolescente ?
- Mon adolescente souhaite se faire prescrire une contraception; qui doit-elle consulter ?
- Est-ce que je peux accompagner ma fille chez le médecin ? Est-ce que je suis obligée de le faire, si elle est mineure ?
- Comment rassurer ma fille qui s'inquiète au sujet de sa première consultation pour une contraception ?
Quels conseils essentiels dois-je donner à mes enfants ados sans pour autant me montrer intrusive ?
L'adolescence est une période où la prise de risque fait partie du processus de construction identitaire. Il est très important d'accepter que l'apprentissage de la sexualité fait partie de la vie et qu'on ne peut pas supprimer tous les risques de la vie...
En matière de sexualité, la réprobation, la dramatisation ou le jugement que vous pourrez porter sur votre adolescent peuvent le braquer et le conduire à fuir tout dialogue. En revanche, il existe des moyens simples d'apprendre à un adolescent à se protéger : le dialogue, la mise à disposition d'informations, l'orientation vers des personnes adéquates... Mieux vaut éviter de poser des questions directes qui risquent de provoquer des réactions de repli. Mais vous pouvez par exemple choisir une occasion où vous êtes en tête à tête et détendus tous les deux, pour dire simplement à votre ado, sans passion, que s'il ou elle décide d'avoir des relations sexuelles, vous avez envie que ce soit sans danger. Et qu'à cet effet, vous avez acheté des préservatifs et qu'ils sont disponibles dans un lieu où ils peuvent aller les prendre en cas de besoin (par exemple, dans le placard de la salle de bains, dans une grande boîte où vous pourrez mettre des préservatifs en vrac). La seule chose à faire sera de vérifier qu'il en reste. Et d'en remettre, sans faire de commentaires sur la vitesse à laquelle ils disparaissent – ils peuvent très bien en passer à leurs copains/copines pour les protéger aussi.
Il y a beaucoup d'autres manières de proposer des préservatifs (à l'occasion d'un départ en vacances, d'un week-end entre copains...) ou de leur donner les coordonnées des structures où ils pourront parler de sexualité, obtenir des préservatifs et une contraception...
Quel(s) moyen(s) de contraception conseiller à ma fille adolescente ?
Comme vous pouvez le lire ailleurs sur ce site, toutes les méthodes de contraception sont utilisables par les adolescentes, à leur demande : pilule combinée, pilule progestative, implant - et même le DIU (« stérilet ») qui peut aussi être utilisé par une femme n'ayant jamais eu d'enfant. Il y a très peu de contre-indications à l'ensemble des méthodes contraceptives pour les plus jeunes.
Ce sont donc les adolescentes qui devraient avoir le choix le plus large. Mais l'immense majorité des jeunes femmes, des jeunes couples utilisant une contraception, recourent aujourd'hui encore soit à la double protection pilule + préservatif (recommandée en cas de partenaires multiples) soit à l'une ou l'autre de ces 2 méthodes.
Le DIU (« stérilet ») et l'implant ne leur sont pas souvent proposés, et elles-mêmes ne pensent pas à les demander.
Le rôle des parents est de faciliter l'accès des adolescents à l'information et aux méthodes de contraception de manière à pouvoir s'impliquer dans le choix de celle qui leur conviendra le mieux.
Mais le sujet ne doit pas être réservé aux filles !
Il est important de parler de contraception avec les garçons, de leur rappeler les enjeux de la sexualité, les conséquences de rapports sexuels non protégés. C'est là, la meilleure façon de les responsabiliser et de les impliquer dans le choix d'une contraception avec leur petite amie... car une contraception choisie en couple est souvent mieux assumée et MIEUX utilisée : c'est donc une contraception plus efficace !
Mon adolescente souhaite se faire prescrire une contraception : qui doit-elle consulter ?
Elle peut aller consulter un gynécologue mais cela n'est pas indispensable. Beaucoup de médecins généralistes connaissent bien la contraception. Ils peuvent en parler avec elle. Ils sont tous aptes à la prescrire, et nombreux sont ceux qui peuvent aussi la poser quand c'est nécessaire (DIU, etc.). L'attente pour un rendez-vous y est souvent moins longue que pour un médecin gynécologue.
Une adolescente peut aussi consulter en CPEF (centre de planification ou d'éducation familiale) ; les consultations et la prescription d'une contraception y sont gratuites et anonymes pour les mineures. Il existe plusieurs centres de planification par département, il est possible que votre adolescente souhaite se rendre à l'un d'eux, pas forcément le plus proche de chez vous, afin de préserver son intimité.
Est-ce que je peux accompagner ma fille chez le médecin ? Est-ce que je suis obligée de le faire, si elle est mineure ?
Si elle vous le demande, bien sûr. Si elle préfère que vous restiez dans la salle d'attente, restez-y. Si elle le veut, entrez avec elle, mais lorsque vous sentirez que c'est le moment, que votre fille ou le médecin vous le demandera, laissez-la seule avec le médecin : il voudra lui poser des questions qui relèvent de son intimité et auxquelles elle ne pourra pas répondre spontanément si vous êtes présent(e).
Comment rassurer ma fille qui s'inquiète au sujet de sa première consultation pour une contraception ?
D'abord, que la confidentialité sera respectée : ce qu'elle dira au médecin en votre absence ne vous sera pas répété. Cette notion est essentielle : elle conditionne la confiance avec laquelle votre fille pourra parler au médecin et se faire conseiller au mieux.
En effet, la meilleure contraception est celle qui sera la mieux adaptée à sa situation et à ses choix personnels – choix qu'elle peut ne pas avoir envie de partager avec vous.
Il faut ensuite lui expliquer que pour prescrire la majorité des méthodes contraceptives, le médecin n'a pas besoin de l'examiner. Il devra juste lui poser un certain nombre de questions sur ses antécédents de santé personnels ou familiaux (votre présence l'aidera à y répondre) et de lui prendre la tension. L'examen gynécologique et les prises de sang ne sont pas nécessaires pour la première prescription d'une contraception chez l'adolescente et la femme jeune.
Ensuite, l'inciter à poser le plus de questions possible sur toutes les méthodes disponibles : avantages et inconvénients, mode d'emploi, effets indésirables et effets bénéfiques, coût...
Enfin, la rassurer sur le fait que les méthodes de contraception n'auront aucun effet néfaste sur sa fécondité ultérieure.
