Avec ses enfants

Comment aborder la question de la sexualité avec sa fille ou son fils ?

Parler de sexualité avec ses enfants n'est pas chose facile. Cela peut même vous mettre mal à l'aide ou vous poser problème.

En réalité, le plus important est de laisser entendre à son enfant, à son adolescent, que s'il veut parler de sexualité, vous êtes prêt à l'écouter ou à le diriger vers quelqu'un qui l'écoutera et pourra répondre à ses questions sans qu'il ait besoin de passer par vous.

Il n'y a pas de réponse standard ou de recette sur ces questions. En l'occurrence, le bon sens est souvent la meilleure attitude. Certes, il vaut mieux éviter les questions directes comme :
« Est-ce que tu as déjà fait l'amour ? »
« Est-ce que tu sais comment te protéger ? »
« Qu'est-ce que vous faites, tous les deux, dans ta chambre ? ».
Elles seront certainement perçues - à juste titre - comme une intrusion et risquent de « braquer » l'adolescent.

En revanche, si vous le souhaitez, il ne faut pas hésiter à saisir les « perches » que les adolescents vous tendent en parlant de ce qu'il a lu ou ont lu, entendu, ou en mentionnant leurs camarades de classe. C'est souvent de leur part une manière de « tester » votre écoute et votre tolérance à certains sujets. Par exemple, si votre fille évoque le fait qu'une fille de son lycée s'est retrouvée enceinte, ne lui demandez pas si ça risque de lui arriver à elle, mais faites-lui dire ce qu'elle en pense...

Comment faire de la prévention auprès des adolescents, sans être intrusif ?

L'adolescence est une période où la prise de risque fait partie du processus de construction identitaire. Il est très important d'accepter que l'apprentissage de la sexualité fait partie de la vie et qu'on ne peut pas supprimer tous les risques de la vie...
En matière de sexualité, la réprobation, la dramatisation ou le jugement que vous pourrez porter sur votre adolescent peuvent le braquer et le conduire à fuir tout dialogue.

En revanche, il existe des moyens simples d'apprendre à un adolescent à se protéger : le dialogue, la mise à disposition d'informations, l'orientation vers des personnes adéquate...

Mieux vaut éviter de leur poser des questions directes qui risquent de provoquer des réactions de repli. Mais vous pouvez par exemple choisir une occasion où vous êtes en tête à tête et détendus tous les deux, pour dire simplement à votre adolescent, sans passion, que s'il ou elle décide d'avoir des relations sexuelles, vous avez envie que ce soit sans danger. Et qu'à cet effet, vous avez acheté des préservatifs et que les uns et les autres sont disponibles dans un lieu où ils peuvent aller les prendre en cas de besoin (par exemple dans le placard de la salle de bains, dans une grande boite où vous pourrez mettre des préservatifs en vrac). La seule chose à faire sera de vérifier qu'il en reste. Et d'en remettre, sans faire de commentaires sur la vitesse à laquelle ils disparaissent – ils peuvent très bien en passer à leurs copains/copines pour les protéger aussi –.

Il y a beaucoup d'autres manières de proposer des préservatifs (à l'occasion d'un départ en vacances, d'un week-end entre copains...) ou de leur donner les coordonnées des structures où ils pourront parler de sexualité, obtenir des préservatifs et la contraception...

Quelle contraception une adolescente peut-elle choisir ?

Presque toutes les méthodes de contraception sont utilisables par les adolescentes, à leur demande : pilule combinée, pilule progestative, implant - et même le DIU (« stérilet ») qui, contrairement aux idées reçues , peut être utilisé par une femme n'ayant jamais eu d'enfant. Il y a très peu de contre-indications à l'ensemble des méthodes contraceptives pour les plus jeunes ; beaucoup moins que pour les femmes de plus de 35 ans...
Ce sont donc les adolescentes qui devraient avoir le choix le plus large.

Le rôle des parents peut être de faciliter l'accès des adolescents à l'information de manière à ce qu'ils s'impliquent dans le choix d'une contraception qui leur conviendra le mieux.

Mais le sujet ne doit pas être réservé aux filles !

Il est important de parler de contraception avec les garçons, de leur rappeler les enjeux de la sexualité, les conséquences de rapports sexuels non protégés... c'est là la meilleure façon de les responsabiliser et de les impliquer dans le choix d'une contraception avec leur petite amie... car une contraception choisie en couple est souvent mieux assumée et mieux utilisée : c'est donc une contraception plus efficace !

Quel médecin une adolescente doit-elle aller voir si elle désire se faire prescrire une contraception ?

Elle peut aller consulter un gynécologue mais cela n'est pas indispensable. Beaucoup de médecins généralistes connaissent bien la contraception. Ils peuvent en parler avec elle. Ils sont tous aptes à la prescrire, et nombreux sont ceux qui peuvent aussi la poser quand c'est nécessaire (DIU, etc.). L'attente pour un rendez-vous y est souvent moins longue que pour un médecin gynécologue.

Une adolescente peut aussi consulter en CPEF (centre de planification ouet d'éducation familiale); les consultations et la prescription d'une contraception y sont gratuites et anonymes pour les mineures. Il existe plusieurs centres de planification par département, il est possible que votre adolescente souhaite se rendre à l'un d'eux, pas forcément le plus proche de chez vous, afin de préserver son intimité.

Peut-on accompagner sa fille chez le médecin ?

Si elle vous le demande, bien sûr. Si elle préfère que vous restiez dans la salle d'attente, restez-y. Si elle veut vous entriez avec elle, entrez avec elle, mais lorsque vous sentirez que c'est le moment, que votre fille ou le médecin vous le demandera, laissez-la un moment seule avec le médecin : il voudra lui poser des questions qui relèvent de son intimité et auxquelles elle ne pourra pas répondre spontanément si vous êtes présent(e).

Que dire à sa fille au sujet de sa première consultation avec un médecin en vue d'une prescription de contraception ?

D'abord, que la confidentialité sera respectée : ce qu'elle dira au médecin en votre absence ne vous sera pas répété. Cette notion est essentielle : elle conditionne la confiance avec laquelle votre fille pourra parler au médecin et se faire conseiller au mieux. En effet, la meilleure contraception est celle qui sera la mieux adaptée à sa situation et à ses choix personnels - choix qu'elle peut ne pas avoir envie de partager avec vous.

Il faut ensuite lui expliquer que pour prescrire la majorité des méthodes contraceptives le médecin n'a pas besoin de l'examiner. Il devra juste lui poser un certain nombre de questions sur ses antécédents de santé personnels ou familiaux (votre présence l'aidera à y répondre) et de lui prendre la tension. L'examen gynécologique et les prises de sang ne sont pas nécessaires pour la première prescription d'une contraception chez l'adolescente et la femme jeune.

Ensuite, l'inciter à poser (et poser, vous aussi) le plus de questions possible sur toutes les méthodes disponibles : avantages et inconvénients, mode d'emploi, effets indésirables et effets bénéfiques, coût...
Enfin, la rassurer sur le fait que les méthodes de contraception n'auront aucun effet néfaste sur sa fécondité ultérieure.

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